Atelier National de Formation d’Experts du Fonds Vert pour le Climat (FVC): Allocution du Secrétaire Exécutif de la CCRS

Monsieur le Ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement,

Honorables Membres du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire général de la Présidence,

Monsieur le Gouverneur de la Région de Niamey,

Monsieur l’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey,

Madame la Représentante par intérim de l’UNICEF,

Monsieur le Secrétaire exécutif du CNEDD, Autorité nationale désignée du Fonds vert pour le climat,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Mesdames les consultantes formatrices,

Chers experts,

Le Niger, cœur du Sahel, est en première ligne.

En première ligne face aux phénomènes induits par le dérèglement climatique : cycles imprévisibles de sécheresses, inondations récurrentes, insécurité alimentaire.

En clair, le Niger est en première ligne face à la crise climatique, à l’instar de l’ensemble du Sahel.

Fort heureusement, la résignation n’est ni sahélienne ni nigérienne. Nos gouvernements déploient des efforts colossaux face à ces défis, et nos vaillantes populations y répondent avec une résilience inouïe et une dignité qui forcent l’admiration.

C’est fort de cet engagement de nos États et de cette résilience de nos populations qu’il est du devoir de tous de décider de ne plus subir.

De vaincre l’inaction par l’action. Par des actions concrètes et adaptées, pour des solutions durables face à ce défi.

C’est précisément dans cette optique que la CCRS s’engage aux côtés de ses pays membres. La présente rencontre à Niamey en est une illustration.

Au nom de la Commission Climat pour la Région du Sahel, je vous souhaite la bienvenue à cette cérémonie d’ouverture.

Mesdames et Messieurs,

Réunis ce matin, nous lançons une initiative concrète. Un acte de souveraineté.

Nous posons la première pierre de la capacité du Niger à mobiliser, par ses propres mécanismes endogènes, les ressources nécessaires à sa résilience et à son développement durable.

Le Niger a l’honneur d’abriter ce premier atelier pilote, qui s’inscrit dans le cadre de cette initiative. Faire du Niger le pays pilote est un choix tout naturel. Au-delà d’être le pays hôte de la CCRS, le Niger est un pays pionnier, à l’avant-garde de cette conduite politique.

Mais notre ambition, à la CCRS, est régionale.

La CCRS a en effet l’ambition de voir chacun des 17 États membres disposer de la même capacité : la capacité d’accéder directement à la finance climat.

Mais pourquoi une telle urgence ? Parce que la réalité est implacable.

Le Sahel est le front le plus avancé de la crise climatique sur notre continent. Et le Niger en paie le prix fort, à l’instar du reste de la région.

Nos terres se dégradent. Nos eaux se raréfient. Nos récoltes sont incertaines. Chaque année, sécheresses et inondations fragilisent la vie de nos populations et les bases de notre économie, et ce, en dépit des efforts soutenus de nos gouvernements.

Face à cette situation, nous nous réjouissons du choix qui a été fait pour le cas du Niger. Un choix clair, sous l’impulsion des plus hautes autorités.

Le choix du Programme de Refondation de la République. Le choix de la souveraineté et de la résilience.

Je salue ici la vision du Président de la République du Niger, Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane TIANI. Un leadership qui donne déjà des résultats.

La preuve la plus récente : le Niger fait partie des premiers pays à finaliser la révision de sa Contribution déterminée au niveau national, la CDN 3.0.

Monsieur le Ministre, je vous félicite, ainsi que toutes les équipes nationales, pour cette prouesse et pour le respect des délais. C’est le signe d’un État qui prend son destin en main.

Cette CDN 3.0 est la traduction climatique du Programme de Refondation. Elle est aussi la traduction nationale du Plan d’Investissement Climat du Sahel porté par la CCRS.

Seulement voilà.

Entre une bonne politique et sa mise en œuvre, il y a un obstacle. Un obstacle majeur.

L’obstacle s’appelle le financement.

Les chiffres sont là. Pour mettre en œuvre la CDN 3.0, le Niger doit mobiliser près de 17 milliards de dollars US d’ici à 2035.

Or, sur les cinq dernières années, nous n’avons couvert que 55 % de nos besoins.

Et, à l’échelle du Sahel, nous ne recevons que 12 % des financements climat mondiaux.

Pourquoi ? Parce que l’accès aux guichets comme le Fonds vert pour le climat est encore trop complexe. Parce que nous dépendons encore trop d’expertises venues d’ailleurs.

Mesdames, Messieurs,

Vous conviendrez avec moi que nous ne pouvons plus continuer ainsi.

C’est pour lever ce verrou que la CCRS lance aujourd’hui cette initiative : la mise en place de Pôles nationaux d’experts.

Et le Niger est le pays pilote, en parfaite collaboration avec l’Autorité nationale désignée, le CNEDD, dont je salue l’engagement.

Chers experts,

Vous êtes 18. Vous venez des ministères sectoriels, des institutions financières, du secteur privé et de la société civile.

Vous avez été choisis pour vos compétences. La mission qui vous est confiée est républicaine.

Durant ces jours, vous serez outillés sur les mécanismes du Fonds vert pour le climat.

Votre objectif est simple : constituer un vivier national capable de monter des projets solides, alignés sur nos priorités et bancables auprès des partenaires.

En réduisant notre dépendance à l’expertise extérieure, vous nous permettrez d’accélérer et de ramener les ressources ici, au Niger.

Et je le dis avec force : mobiliser la finance climatique n’est pas une charité.

Le Sahel n’est pas responsable du changement climatique, mais il en subit les conséquences les plus graves.

Réclamer ces ressources pour nous adapter relève de la justice climatique.

Mais cet atelier n’est qu’un début. Il s’inscrit dans une stratégie plus large.

La CCRS est déjà à pied d’œuvre aux côtés du Niger.

Avec le lancement prochain du projet RACE-Sahel. Un projet concret qui va renforcer la résilience des communautés et restaurer nos écosystèmes dans quatre pays : les trois membres de l’AES plus le Sénégal.

Avec la mise en place, avec la CEA, du Registre régional du marché carbone, dont les infrastructures seront hébergées ici à Niamey, au siège de la CCRS.

Et enfin, avec l’engagement du processus d’accréditation de la CCRS auprès du Fonds vert pour le climat, lancé ici même en mai 2026.

Cela dit, nous pouvons nous réjouir qu’avec ce Pôle d’experts, l’opérationnalisation du Registre régional du marché carbone et l’aboutissement de l’accréditation de la CCRS, le Niger est appelé à devenir le hub régional de la finance climatique au Sahel.

Un hub au service de la souveraineté de notre région et de la résilience de nos populations.

Pour réussir, nous avons besoin de tous.

Aux partenaires techniques et financiers, nous sollicitons votre appui technique, votre accompagnement et votre engagement pour le succès de ce Pôle d’experts et pour la duplication de ce modèle dans le reste du Sahel.

Dans cette dynamique, j’adresse à l’UNICEF mes remerciements pour son engagement au service du Niger.

Chers experts,

Le travail commence maintenant. Je vous exhorte à la rigueur et au dévouement.

En appui à l’AND et à la Coordination de la CDN : Identifiez les opportunités. Montez les meilleurs projets. Mobilisez les fonds climatiques.

Pour gagner ce pari, Monsieur le Ministre, au nom de la CCRS, je réaffirme notre engagement total aux côtés du Niger et de ses plus hautes autorités.

Je vous remercie !

CCRSahel
CCRSahel
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