Niamey, le 19 octobre 2026 – Le Secrétaire Exécutif de la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS), Son Excellence Monsieur Issifi Boureima, a présidé ce lundi, au siège de l’institution, la cérémonie d’ouverture d’une retraite technique régionale consacrée à l’élaboration d’un projet climatique multipays. Ce projet est destiné à mobiliser des financements auprès du Fonds vert pour le climat (FVC) et du Fonds pour répondre aux pertes et aux préjudices.
Organisée du 19 au 23 octobre 2026, la retraite réunit les points focaux climat et les experts techniques de quatre États membres de la CCRS, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal, ainsi que des représentants d’institutions financières et d’organisations partenaires. Parmi eux figurent la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), le Centre de Suivi Écologique (CSE) du Sénégal et plusieurs agences des Nations Unies.
Dans le prolongement de RACE-Sahel
La retraite s’inscrit dans la dynamique du projet « Résilience et Adaptation des Communautés et Écosystèmes dans les zones humides des bassins versants du Sahel » (RACE-Sahel). Ce projet a été approuvé le 11 décembre 2025 par la BAD pour un montant de 10,494 millions de dollars américains. Il couvre les quatre mêmes pays et vise à renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes des zones humides et des bassins versants sahéliens face aux effets du changement climatique. Le nouveau projet en préparation devra consolider, compléter et étendre ses interventions, tout en élargissant le portefeuille de projets bancables de la CCRS.
La BOAD et la BAD aux côtés de la CCRS
Intervenant en ligne au nom du Président de la BOAD, Monsieur Serge Ekué, Monsieur Moubarak Mounkaila, Directeur du Financement du Développement Durable, a souligné la nécessité de disposer de projets climatiques rigoureusement préparés pour accéder aux mécanismes internationaux de financement. Il a insisté sur trois exigences : la solidité de la justification climatique, la cohérence entre les différents mécanismes de financement et l’appropriation du projet par les quatre pays bénéficiaires. Accréditée auprès de plusieurs fonds internationaux dédiés au climat et à l’environnement, la BOAD a proposé de mettre son expertise à la disposition des travaux, notamment en matière de structuration financière, de cofinancement et de sauvegardes environnementales et sociales.
Pour sa part, Monsieur Mamadou Tangara, Responsable pays de la BAD au Niger, a salué le leadership de la CCRS et son engagement en faveur des projets climatiques régionaux. Il a rappelé la place importante qu’occupe le financement climatique à la BAD, notamment à travers ses mécanismes d’appui à l’adaptation et à la résilience des populations africaines. Il a souligné l’importance de RACE-Sahel dans le partenariat entre les deux institutions et réaffirmé la disponibilité de la Banque à accompagner les initiatives de développement durable dans la région.
« Passer de la réaction à l’anticipation »
Dans son discours d’ouverture, SEM Issifi Boureima a rappelé l’urgence d’apporter des réponses durables aux effets du changement climatique dans une région confrontée à la multiplication des sécheresses et des inondations, à la dégradation des terres et à l’insécurité alimentaire. Il a appelé à un changement de paradigme dans la conception et la mise en œuvre des interventions climatiques :
« Le temps est venu d’un véritable changement de paradigme : passer de la réaction à l’anticipation, de l’urgence subie à la résilience construite. »
Selon lui, cette ambition suppose de renforcer les systèmes d’alerte précoce, de développer des mécanismes de financement anticipatoire et d’investir durablement dans la gestion des ressources en eau, la restauration des terres et la protection des moyens de subsistance des populations vulnérables. Il a également insisté sur la nécessité de traduire les engagements climatiques des États en projets régionaux techniquement solides, financièrement crédibles et capables d’attirer des investissements internationaux.
Le Secrétaire exécutif a par ailleurs annoncé le démarrage imminent de RACE-Sahel : le processus de sélection de l’Unité de gestion du projet est achevé et ses résultats ont été soumis à l’avis de la BAD. Saluant l’engagement des équipes de la CCRS et de la Banque, il a appelé à accélérer les dernières procédures afin de permettre le déploiement rapide des premières interventions au bénéfice des populations.
Les résultats attendus
Durant cinq jours, les experts nationaux et régionaux élaboreront une note conceptuelle de projet conforme aux exigences des mécanismes internationaux de financement climatique. Les travaux porteront sur la justification climatique, la théorie du changement, les composantes et les résultats attendus, le cadre logique, la budgétisation, ainsi que les modalités de mise en œuvre et de financement. Une attention particulière sera accordée à l’intégration du genre, aux sauvegardes environnementales et sociales et à l’alignement du projet sur les Contributions déterminées au niveau national (CDN), les Plans nationaux d’adaptation (PNA) et les priorités de développement des quatre pays.
À l’issue de la retraite, les participants devraient disposer d’un cadre conceptuel et logique consolidé, d’un budget prévisionnel, d’une architecture de mise en œuvre et d’une feuille de route pour finaliser le projet et le soumettre aux mécanismes de financement ciblés.






