Résilience climatique et action anticipatoire au Sahel : la CCRS et la BOAD unissent leurs efforts pour un projet de 150 millions de dollars au bénéfice du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal

Niamey, le 23 octobre 2026 – La Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS) a clôturé, ce vendredi 23 octobre 2026, à son siège à Niamey, les travaux de la retraite technique régionale consacrée à la formulation d’un nouveau projet multipays de résilience climatique, destiné au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal. Organisée du 19 au 23 octobre 2026, cette rencontre a permis de franchir une étape importante dans la structuration d’un projet régional d’un montant de 150 millions de dollars US, destiné à être soumis au Fonds vert pour le climat (FVC), avec l’accompagnement de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Pendant cinq jours, les points focaux climat et les experts des quatre pays bénéficiaires, les équipes techniques de la CCRS, les représentants de la BOAD, de la Banque africaine de développement (BAD), du Centre de Suivi Écologique (CSE) du Sénégal, ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment le PAM, la FAO, le PNUD et l’UNICEF, ont travaillé à la définition des orientations stratégiques, des composantes techniques et du mécanisme de financement de cette nouvelle initiative.

Un projet de 150 millions de dollars pour renforcer la résilience des populations sahéliennes

Le principal résultat de cette retraite est l’élaboration d’un document de projet régional visant à renforcer la résilience climatique des communautés et des bassins hydrographiques du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de consolidation et de mise à l’échelle du projet RACE-Sahel, approuvé en décembre 2025 par la BAD pour un financement de 10,494 millions de dollars US, dont le démarrage a été annoncé comme imminent par le Secrétaire exécutif de la CCRS.

Le nouveau projet, dont le coût global est estimé à 150 millions de dollars US, prévoit la mobilisation de 100 millions de dollars auprès du Fonds vert pour le climat, dont 85 millions sous forme de dons et 15 millions sous forme de prêt concessionnel. Les 50 millions de dollars restants devraient provenir de cofinancements mobilisés auprès de la BOAD, de la BAD, des États bénéficiaires et d’autres institutions financières et partenaires.

Les interventions envisagées s’articulent autour de quatre axes prioritaires : la restauration des écosystèmes et la gestion durable des ressources en eau, le développement de moyens d’existence résilients, le renforcement des services climatiques et des mécanismes d’anticipation des risques, ainsi que l’amélioration de la gouvernance et de l’intégration régionales.

La BOAD réaffirme son engagement aux côtés de la CCRS

L’un des acquis majeurs de cette retraite réside dans l’engagement de la BOAD à accompagner la CCRS dans la structuration et la mobilisation des financements nécessaires à la mise à l’échelle de RACE-Sahel.

En sa qualité d’entité accréditée auprès du Fonds vert pour le climat, la BOAD s’est déclarée disposée à assurer le rôle d’entité de mise en œuvre du nouveau projet et à accompagner les consultations nationales dans les quatre pays concernés.

Cet engagement s’inscrit dans les orientations du plan stratégique 2026-2030 « Djoliba, la suite » de la BOAD, qui accorde une place importante à la finance durable et à l’impact environnemental.

À travers ce partenariat, la CCRS et la BOAD entendent renforcer leur coopération pour accélérer la mobilisation des ressources climatiques et promouvoir des investissements structurants au bénéfice des populations sahéliennes.

De la réaction à l’anticipation : une nouvelle approche de la résilience climatique

Cette initiative traduit la volonté de la CCRS et de ses partenaires de promouvoir une approche intégrée de la résilience climatique, fondée sur l’anticipation des risques, la prévention des crises et le renforcement durable des capacités d’adaptation des communautés vulnérables.

Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée le 19 octobre 2026, Son Excellence Monsieur Issifi Boureima, Secrétaire exécutif de la CCRS, avait souligné la nécessité d’un changement profond dans les approches de gestion des risques climatiques.

« Nous devons opérer un véritable changement de paradigme : passer de la réaction à l’anticipation, de l’urgence subie à la résilience construite », avait-il déclaré.

Le projet s’inscrit pleinement dans les orientations du Plan d’investissement climat pour la Région du Sahel (PICRS), ainsi que dans les priorités des Contributions déterminées au niveau national (CDN) et des Plans nationaux d’adaptation (PNA) des quatre pays bénéficiaires. Il contribue également à la mise en œuvre de leurs stratégies nationales de développement.

Une feuille de route pour concrétiser les engagements

À l’issue des travaux, les prochaines étapes envisagées s’articulent autour d’une feuille de route conjointe CCRS–BOAD, destinée à poursuivre la maturation du projet et à préparer sa soumission au Fonds vert pour le climat.

Cette feuille de route prévoit notamment la formalisation du partenariat entre la CCRS et la BOAD d’ici décembre 2026, l’organisation de consultations nationales au premier trimestre 2027 et la soumission de la note conceptuelle au FVC en octobre 2027.

Le projet pourrait également intégrer le portefeuille d’initiatives que la CCRS entend présenter lors de la table ronde des bailleurs de fonds prévue à Niamey en 2027, dans le cadre de ses efforts de mobilisation des financements climatiques pour la région.

Une dynamique régionale de coopération et de mobilisation des financements climatiques

La clôture de cette retraite marque une nouvelle étape dans les efforts de la CCRS visant à transformer les priorités climatiques des États membres en projets régionaux structurants, bancables et susceptibles de mobiliser des financements internationaux à grande échelle.

Elle illustre également l’importance de la coopération entre les institutions régionales, les banques de développement, les partenaires techniques et financiers et les États pour apporter des réponses concertées aux défis climatiques auxquels fait face le Sahel.

La retraite technique régionale a bénéficié de l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), à travers le projet P2-P2RS, et du Programme alimentaire mondial (PAM).

À travers cette initiative, la CCRS réaffirme son engagement à faire de la coopération régionale et de la mobilisation des financements climatiques des leviers essentiels pour bâtir un Sahel plus résilient, tout en consolidant le rôle du Niger, pays siège de la Commission, comme pôle régional de plaidoyer, de diplomatie climatique et de structuration de projets multipays.

CCRSahel
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