SOMMET AFRICAIN SUR LE CLIMAT (ACS2)– ÉVENEMENT PARALLELE
« Explorer les liens entre changement climatique, mobilité et sécurité en Afrique. »
Allocution de Son Excellence Monsieur Issifi Boureima, Secrétaire Exécutif de la CCRS
Honorables et distingués invités, Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un réel plaisir et un grand honneur de prendre la parole aujourd’hui à cet événement important sur les solutions devant permettre d’aborder durablement la problématique de la sécurité, de la mobilité et du climat en Afrique.
Je voudrais avant tout propos m’acquitter d’un devoir de civilité pour remercier le Gouvernement de l’Éthiopie, hôte de notre sommet continental sur le climat, pour l’hospitalité légendaire dont bénéficient toutes nos délégations.
Je voudrais également féliciter le Gouvernement de l’Éthiopie pour la bonne tenue de ce sommet et pour l’initiative de l’organisation de la présente rencontre en parfaite coordination avec l’Institut Mondial pour la Croissance Verte (GGGI), l’Organisation Internationale de la Migration – OIM et le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU) pour leur l’engagement soutenu en faveur de la lutte contre le changement climatique et ses corollaires au Sahel et en Afrique en général.
Le continent africain et le Sahel en particulier sont confrontés à des défis importants, notamment sécuritaires et de mobilité climatique, des phénomènes étroitement liés et nécessitant une approche globale et régionale pour y remédier.
S’agissant de la mobilité climatique, elle est un phénomène croissant à l’échelle de notre continent, où le changement climatique et la dégradation environnementale poussent les populations à se déplacer à la recherche de meilleures conditions de vie. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), le nombre de personnes déplacées en raison du changement climatique en Afrique devrait atteindre 143 millions d’ici 2050.
Selon les mêmes données de l’OIM, au Sahel, l’une des régions les plus touchées par la mobilité climatique en Afrique, on compte plus de 2 millions de personnes déplacées en raison de ce phénomène.
Face à cette situation, il est important de souligner que nos pays, en dépit de leur capacité de résilience limitée, n’ont toutefois pas opté pour la résignation et l’inaction. De nombreuses initiatives sont ainsi mises en œuvre, notamment avec l’appui des partenaires, dans le cadre de la prise en charge des effets de ce phénomène tant au niveau régional que national.
La Déclaration de Bamako sur le nexus climat-paix et sécurité, adoptée en novembre 2023 à Bamako au Mali par les pays de la région du Sahel, est ainsi un exemple concret de l’engagement des États pour aborder les liens entre le climat, la paix et la sécurité dans cette région. Cette déclaration, portée avec l’appui du PNUD, reconnaît que le changement climatique est un multiplicateur de risques pour la sécurité et la stabilité et appelle à des actions concrètes pour renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes dont elles dépendent.
La Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS) que j’ai l’honneur de diriger est également engagée à aborder les défis de la sécurité climatique. À travers l’axe 4 de son Plan d’Investissement Climat, nous plaçons au cœur de notre agenda des réponses adaptées à cette problématique. Nous sommes convaincus que la sécurité climatique est essentielle pour le développement durable et la stabilité de la région du Sahel.
Il apparaît ainsi opportun de promouvoir des initiatives permettant d’aborder la problématique de façon holistique, avec des actions cohérentes et durables. À ce titre, des initiatives mises en œuvre ayant obtenus des impacts significatifs devraient être capitalisées et renforcées, tant à l’échelle nationale que régionale, où il est essentiel d’envisager de façon cohérente de :
- Renforcer la coopération et la coordination entre les pays et les organisations régionales ;
- Partager les expériences et les bonnes pratiques ;
- Mobiliser les ressources nécessaires pour soutenir les efforts de développement et de sécurité ;
- Développer des politiques et des stratégies régionales pour aborder les défis de sécurité, de mobilité et de climat.
Je suis convaincu que cet événement, au regard de sa thématique pertinente et de la participation d’imminentes personnalités d’horizons divers, bénéficiera d’échanges fructueux et de partages d’expérience, permettant d’identifier et de capitaliser des réponses adaptées pour faire face au nexus climat-paix-sécurité au Sahel comme à l’échelle du continent. Je vous remercie pour votre aimable attention.